Un balcon en forêt

exibition | ATC Groupe |
from 08 septembre to 31 décembre 2011

Dans la continuité des châteaux en Espagne, photographies d’architectures inachevées, suspendues dans le paysage à l’état d’esquisses, Perrine Lacroix développe des constructions éphémères, mi-sculptures, mi-architectures.
Ici c’est autour d’Un balcon en forêt, le roman de Julien Gracq, que se développe son projet. Le balcon est à la fois ligne de partage et lien entre l’espace fermé du réel, habité par l’histoire, et l’espace ouvert de la forêt, celui de l’imaginaire.
Il fait partie de ces lieux réels qui sont des sortes de contre-emplacements, des sortes d'utopies effectivement réalisées, sortes de lieux hors de tous les lieux, bien que pourtant localisables. « Ces lieux, parce qu’ils sont absolument autres que tous les emplacements qu’ils reflètent et dont ils parlent », Michel Foucault les appelle les hétérotopies. Espaces concrets, en rupture avec le temps réel, ils hébergent l’imaginaire, comme une cabane ou un théâtre.

Le récit Un balcon en forêt de Julien Gracq commence en octobre 1939 et se termine dans la nuit du 13 mai 1940, la durée exacte de la « drôle de guerre ». Il se déroule dans les Ardennes, la zone de l’attaque allemande. Il décrit la vie (l’attente) de quatre soldats dans une maison-forte, un blockhaus surmonté d’une sorte de chalet.

Grange, le personnage principal, est pris entre une vie de soldat à la maison-forte, et une vie intérieure qui se fait jour dans la nuit de la forêt. L’errance quotidienne du personnage est assimilée à un voyage à travers la forêt qui le pousse peu à peu sur la pente de sa rêverie, « il lui semblait qu’il marchait dans cette forêt insolite comme dans sa propre vie ».

Le balcon, lieu suspendu entre l’intérieur du fort et l’extérieur de laforêt symbolise ce que Michel Foucault appelle une hétérotopie, un lieu non-statifié entre l’espace fermé du réel, habité par l’histoire,et l’espace ouvert de la forêt, espace mental. Il fait partie de ces lieux qui sont des sortes de lieux hors de tousles lieux, bien que pourtant localisables. Espaces concrets, en rupture avec le temps, ils hébergent l’imaginaire, comme unecabane ou un théâtre.